jeudi 25 octobre 2007

Parlant politique

Gouvernement sandiniste actuel, le FSLN (Front Sandiniste de Libération Nationale), avec, à sa tête, Daniel Ortega. Ortega faisait partie des militants et des mobilisateurs de la révolution du 19 juillet 1979, date qui mettait fin à la dictature de 43 ans de Somoza. Bon. Pour l'instant, le FSLN rend insatisfait plus de 73% de la population nicaraguayenne. Bon. Étrange tout de même puisque ce gouvernement se donne le mandat de sortir les pauvres de leur misère perpétuelle. Pourquoi alors tant de gens sont-ils insatisfaits? Eh bien, le problème est, comme souvent ailleurs, qu'à l'intérieur même du parti, les adeptes se divisent en deux clans: les danielistes (ceux qui sont davantage du côté de Daniel Ortega) et les sandinistes (qui se rangent du côté idéologique du parti). Sur 100% des gens, 73% sont en désaccord avec le gouvernement, 10% s'abstiennent, il ne reste donc que 17% des gens qui appuient le FSLN (divisé en deux, puisque le parti s'auto-divise). Cela ne laisse pas beaucoup de fans à Ortega. Mais allons voir pourquoi..
La révolution sandiniste de 1979 a permis au peuple de se libérer du pouvoir américain qui régnait sur ce pays depuis environ soixante-dix ans. Actuellement, Ortega copine avec Hugo Chavez, président du Vénézuela - dictateur, sans le dire -, et vient de tisser des liens avec l'Iran. Comment réagissent les pays à l'échelle internationale quand l'un d'entre-eux s'allie avec l'Iran? Habituellement, les investisseurs s'abstiennent d'y incorporer de l'argent.. Donc, cela nuit à leur économie. Comme le Nicaragua ne possède quasiment pas de richesses naturelles (un peu d'or, c'est tout), son exportation se concentre dans le coton, le café, les bananes et le sucre. De plus, 40% de la population est sans emploi. Je suis personnellement loin de croire que cette fameuse alliance est une manière complètement sensée d'aider les pauvres.
Et pour faire quoi, une alliance avec l'Iran? Pouvez-vous me dire à quoi servirait des engagements avec ce pays? Sûrment des influences chavistes. Pendant ce temps, au Nicaragua, le gouvernement n'aide pas les pauvres. Outre des centaines de pancartes accrochées le long des rues ou on y voit le visage d'Ortega avec la mention 'Arriba los pobres!', rien. Ce qu'il manque ici serait un vrai gouvernement. De gauche ou de droite. Pour l'instant, les présidents volent le peuple. Tout le temps. Et le peuple le sait. Tout le temps. Mais ils se disent: 'Ah! Le dernier gouvernement de droite nous a volé et n'a rien fait concrètement lors de son mandat! Le prochain gouvernement, de gauche, nous volera aussi, mais nous avons espoir qu'il fera quelque chose pour son peuple.' Et ainsi de suite.
C'est le cycle des gouvernements ici. Ça me fait parfois penser au Québec. Nous savons que tout le monde est croche, que tout le monde nous ment, que l'argent sera dépensé ailleurs, mais nous votons pour le moins pire, avec espoir. Avec espoir que nous aurons mieux, ou, pour les nords-américains, que nous ne perdrons rien. Est-ce cela la vraie fonction d'un gouvernement?
Pendant ce temps, toujours ici, l'inflation augmente, le PIB diminue, les catastrophes naturelles se multiplient et les emplois s'envolent. Statut quo gouvernemental. On regarde la guerre de loin. Avec son épouse.
Je croyais, en arrivant ici, qu'un gouvernement sandiniste pouvait conserver cette soif de justice, ce besoin du concret. La révolution est encore fraîche. Mais pourtant les jeunes, tout comme chez-nous, semblent inconscients du monstre politique qui les guètent, et se cloîtrent dans un monde technologique de cellulaires et de reggeaton. Prêt à oublier. Ou à ne pas savoir. Des proies faciles, car les maîtres se succèdent. J'espère un jour participer à une vraie révolte, que ce soit ici ou chez-moi. Même si ce chez-moi n'est pas là-bas. Juste avoir cette impression d'une lucidité collective, d'un éveil qui ne se fera pas dans la peur et dans le confort. Savoir que, pour une fois, le peuple se bat ensemble, pour les mêmes raisons, les vraies raisons, et que ces changements se perpétueront dans l'avenir. Que nous ne seront pas toujours obligés de retomber au fond du baril pour chercher l'égalité. Le cycle se rompt si nous le désirons. Il n'en tient qu'à nous, et qu'à eux, ici.
Les révolutions et les référendums restent peut-être trop omniprésents dans nos souvenirs, mais nous ne devons pas oublier que le chemin se trouve devant et que les droits acquis ne doivent pas se perdre. Souvenons plutôt des luttes, et de pourquoi nous les avons faites.
Dans le même ordre d'idées, je souhaite appuyer l'UQAM pour son vote de grève. Le dégel des frais de scolarité est une autre façon de plonger ses citoyens dans l'ignorance. Essayons, pour une fois, de conserver nos acquis au lieu de voter conservateur..

1 commentaire:

06451 a dit…

"Le cycle se rompt si nous le désirons" Et voilà la phrase est lancé et je seconde pleinement! Le problème c'est que comme toi j'ai la force d'y croire, mais aussi l'impression que cela peut rompre des deux côtés... Comme tu parlais d'une révolution pas si lointaine et qui n'a déjà d'assise que chez les nostalgiques, bel exemple parmis plusieurs d'un cycle, celui-là encré dans une vague d'ouverture d'esprit sociale, rompu et détourné à des fins utilitaire et populiste. L'exemple de l'UQAM et du mouvement étudiant aussi est un bon exemple à son échelle, pour quelles raisons les étudiants ont tant de difficulté en ce moment à former un mouvement uni et cohérent? Pourtant la cause est la cause mères de toutes les autres et fut, il n'y a pas si longtemps, elle-même un gain et un combat du mouvement. Est-ce la mémoire ou la visions que nous avons de si courte?

Merci de l'appui Karine je vais dire au mouvement de garder le moral, car le Nica est de son bord!! héhééhh

Bon party tonight miss Fuente
Mart -xx-