lundi 22 octobre 2007

Hasta la revolución... ¿de mentad?

Avant de commencer ce billet, je voulais vous montrer une photo d'un des murs de ma chambre, triste résultat des fortes pluies des dernières semaines (phenomene anormal, on parle d'El Niño pour le mois de novembre). Outre le fait qu'une quantité incalculable de récoltes sont fichues, on y voit l'augmentation des moustiques, porteurs de dengue et de malaria. Dans ma chambre, je suis au prise avec trois énormes arraignees (grosseur tarentule) comme colocataires, dû à l'humidité, quelques coquerelles dans la douche, et une définitivement plus de moustiques affamés de sang. Comme si ce n'était pas tout, les vêtements moisissent, les ceintures moisissent, les meubles moisissent... et on respire cet air infect.
Surprise, je suis, chaque jour. Je constate le conservatisme omniprésent de la société nicaraguayenne. Conçernant les relations sociales, les relations amoureuses et sexuelles. Ici, ces sujets font partie des points d'extrême différence que je constate d'avec mon pays natal. Une fille qui s'engage avec un homme ne peut avoir de relations sexuelles avec lui avant le mariage. "C'était comme ça aussi au Québec, avant." Oui, certes, mais avant quoi? Et, nous sommes en 2007 non? Mais ce n'est pas tout. Si la mère ou la grand-mère d'une fille (je peux facilement parler de femmes de plus de 20 ans) apprend que cette dernière entretient des relations sexuelles avec son copain -le temps de la relation n'y joue en rien-, elle est chassée de la maison afin d'aller vivre chez le soit-disant copain. Peut-être que ces situations existaient aussi en Amérique du Nord avant, en fait sûrment, mais je ne croyais pas m'y voir confrontée ici, dans ma famille d'accueil, où les cellulaires font partie intégrante de la vie au même titre que Sean Paul. Contradictions. Religion. Deux mots qui ne peuvent se séparer, à mon avis. Et pourquoi tout le monde se marie ici si le trois quart sont infidèles? Des valeurs qui, à mon avis aussi, manquent de réflexion et de profondeur. Je me vois souvent confrontée à des absurdités du genre. Je vous donne un autre exemple. Avant-hier, je mangeais dans un restaurant avec un canadien et un nicaraguayen. Nous étions assis directement á côté de la porte de sortie. Un petit garçon d'environ cinq ans vient nous demander de l'argent ou quelque chose à manger. Mon ami nicaraguayen le chasse en disant que nous sommes en train de manger et qu'il n'a qu'à ficher le camp puisqu'il nous dérange. Ok.. Par contre, une dizaine de minutes plus tard, deux vendeurs de DVD trafiqués ambulants viennent nous soliciter. Nous nous mettons à regarder les DVD offerts (à prix très modique). J'en achète un, et mon ami nicaraguayen en prend deux pour ses enfants. Et tout cela sous les yeux du petit garçon qui était toujours à nos côtés. Quelle absurdité. Chasser un enfant qui a faim pour cause de 'repas' mais accepter un vendeur de DVD. Et tout cela dans un pays révolucionnaire qui se bat contre la pauvreté et qui lutte pour une justice sociale. Je me trouvais devant une situation complètement inimaginable. Alors je me tournai et demandai au petit garçon: ¿tienes hambre? (as-tu faim?), et il me fait signe que oui. Alors je lui file une pâtisserie frite énorme que je n'avais pas mangé. Il me regarde et me dit un tout petit 'gracias'. Il s'est assis dans les marches pour manger.
L'individualisme prend forme même ici.

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