Il fait beau chez-vous? Ici, c'est le deluge depuis trois jours.
Il pleut, il pleut, il pleut. Nous sommes dans la saison des pluies, certes, mais il pleut plus qu'il ne devrait. Ceci sera un bref message. Mais, comme la majorite des gens aiment entendre parler de la pluie et du beau temps plutôt que des causes sociales, je vous offre ce billet comme une lecture de fraîcheur, de passage. Une lecture qui ne fait pas penser, y exposant ainsi mes experiences personnelles .
Il n'y a pas d'ecole aujourd'hui a Estelí. Comme beaucoup de personnes vivent dans l'extrême pauvrete, ils n'ont pas de toit pour les proteger des pluies diluviennes qui s'acharnent sur le pays depuis peu. Les rios (rivieres) debordent, les egoûts debordent, tout deborde.. Une quantite inestimable de personnes sont aux prises avec des pouces d'eau a chaque caprice naturel, dans leur maison, ou ce qui ressemble a leur maison. Mais je ne vous parle que du centre d'Estelí, car, tout pres, a quelques kilometres a peine, se trouve le barrio. Le barrio, communement appelle bidonville, n'est malheureusement pas impermeable. Des Canadiens habitant ici depuis belle lurette n'y ont jamais mis les pieds. Pourquoi aller voir la pauvrete? Pardon. L'extreme pauvrete? Outre le fait que ces pluies catapultent litteralement des familles hors de leur maison, favorisent la multiplication de maladies et privent une majorite d'une alimentation decente, elle detruit aussi les recoltes. Actuellement, des milliers de Nicaraguayens perdent leurs feves (frijoles, en español), car la terre est tellement humide que les recoltes sont impossibles. Ce que cela entraîne est une augmentation permanente et catastrophique du prix des feves. (environ 600% d'augmentation du prix). Sachant que tout bon Nicaraguayen relativement pauvre (la quasi totalite des gens) se nourrit de riz, de tortillas et de feves, il est impensable pour eux de se payer ce nouveau luxe.
Que pouvons-nous faire? que je demande a une Nicaraguayenne travaillant pour Oxfam. Nada, qu'elle me repond. Je lui demande alors si nous ne pouvons pas heberger des gens chez-nous? J'ai enormement de place dans mon cuarto! Non. Impossible. Nous ne connaissons pas ces gens, ils pourraient être des bandits. Nous voler. Donc, la plupart reste dans la rue et, pour les plus chanceux, se trouvent une place dans une ecole ou un repas copieux leur est fourni et un toit, en attendant. En attendant le prochain deluge assez important pour appliquer des mesures d'urgence. En fait, nous pourrions donner de l'argent et des vêtements a ces gens.
Oui, nous pourrions. Mais quelle absurdite! Qui voudrait leur venir en aide a l'echelle internationale? Dites moi la verite! Nous savons depuis des annees et des annees que les pays sous-developpees se meurent dans des conditions inimaginables, que les populations sous-eduquees et sous-alimentees se meurent dans ce qui peut ressembler a une maison de tôle ou de terre sans acces aux minimum des ressources de sante. Et qui couvrirait une saison normale de la saison des pluies latino americaine?
Afin de ne pas faire une pure sensationnaliste de moi-meme, je vous laisserai sur des bonnes nouvelles. Ce matin, je suis allee dans une Communidad a Limay afin de celebrer avec eux la premiere annee du marche local. Oxfam a investi beaucoup la bas depuis environ deux ans. Avant que quelqu'un leur vienne en aide, la majorite des gens vivaient avec moins d'un dollar par jour. Ou, plus specifiquement, une famille de 5 ou 6 vivait avec environ 300$ par annee. Depuis que des installations leurs sont fournies, ainsi qu'une aide monetaire et un approvisionnement en graines afin d'entamer des cultures, leur salaire a augmenter d'environ 225$ par mois. Ils ont de la nourriture pour leur famille et vendent les surplus deux fois par semaine dans le village. Outre le fait que cela leur procure un revenu, cela est une opportunite pour les villageois d'eviter un 4h de bus par semaine afin de se rendre a la ville pour y faire leur achats. Economie de temps, d'argent et un coup de pouce environnemental. Car en plus de leur fournir ces avantages, on leur apprend la rotation des cultures et l'agriculture ecologique. On y voit aussi l'apparition d'une solidarite et d'une forme de troc.
Bonne journee!
EN HAUT: Mikael, 9 ans (selon lui, moi j'en doute..) lors du Marche de Limay

EN HAUT: Un exemple des pluies diluviennes, la riviere a la hauteur du pont. Du a la densite du Rio, nous avons ecourter notre periple a Limay car, si nous avions attendu trop longtemps, il nous aurait ete impossible de retraverser le pont en direction d'Estelí.

EN HAUT: La soeur de Mikael, toujours lors du Marche de Limay. Remarquez ici le port du chandail de Mickey Mouse. Petite parenthese: En fait, ici, enormement de gens portent des vetements americains car il y a une foule de magasins vendant du linge usager venant du Nord. J'ai lu un livre cette semaine m'enseignant que la compagnie americaine Disney a transferer ses usines de fabrication textile a Haiti car la main d'oeuvre est davantage bon marcher. Alors, les haitiens travaillent une vingtaine d'heures par jour dans des conditions de misere a un salaire ultra minime. Je vous disais ca car, si vous achetez des vetements crees dans des ateliers de misere, j'aime mieux les voir reutilises au sud comme vetements de subsistance que de les voir jeter au Nord. Quoique.. vous comprenez ou je veux en venir?
EN HAUT: Un exemple de patio qui est construit par Oxam, dont je parlais plus haut.
4 commentaires:
Ce soir au téléjournal, à l'heure de la météo, super Bernard Derome déclare que Montréal est dans sa saison des pluies... Ca m'a agacé parce que je venais de lire ton texte, je suis donc sorti à l'extérieur pour prendre conscience de ce "déluge". Je n'ai pas vu d'innondation, je n'ai pas vu de débordements, je n'ai pas vu de familles sur les trottoirs, bref je n'ai rien vu, évidemment... C'était de la pluis qui dérenge tout le monde, mais dont personne ne subit rien de plus que d'être mouillé au final, ce genre de pluie dont tout le monde jase au bureau à côté de la machine à cappucino en expliquant comment il sera frustrant de rentrer dans le trafic horrible lorsqu'il pleut ou de l'annulation de leur randonné à la montagne ce week-end.Que pouvons-nous faire? Peut-être arrêter de se prendre toujours pour les pires victimes jour après jour et de profiter d'être cloisonné un moment pour se déprendre de nos vieux réflexes ethnocentriques. Ca, Bernard Derome n'est pas payé pour nous le dire par contre.
C'était ma contre-partie montréalaise!
Bonne fin de journée Miss Fuentes!!
Surtout continu !! xx
ouais je suis daccord Martín. Surtout que la pluie continue encore et encore aujourdhui. Le soleil sera de retour... la semaine prochaine! En attendant, je dois aller macheter des nouvelles fringues car mon linge narrive pas a secher.. Dici peu, je vais aller tourner un film dans un bidonville proche dici, a 6-8km de ma maison, ou les enfants mangent dans les restes de dechets de la ville. Avec un ami revolutionnaire a moi, dici. Je ten redonne des nouvelles...!! Merci decrire sur mon blog M. Lapointe!!! Ca fait du bien de savoir que quelqu'un lit!
J'Acquiesce avec Martin. En lisant ton blogue je me suis demandé si on pouvait, via Oxfam Québec, envoyer des choses plus rapidement et plus sécuritairement car à poste Canada on m'a mentionné que le problème était que les choses qu'on envoie ne se rendent souvent pas à cause de ceux qui reçcoivent les colis et qui les gardent.
mom xx
Wow bien à ce que j'ai entendu dire ma vague de publicité aura fonctionné à donner un peu de visibilité à ton blogue envers les autres blogueurs et lecteurs, en espérant que les liens fasse des liens et que plus de gens OSE venir y participer aussi, héhé... En espérant aussi pouvoir continuer à te lire encore bientôt mademoiselle Karine.
Bonne fin de journée et remet toi bien surtout!! xx
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