Depuis mon arrivée en sol nicaraguayen, l'imagination s'est transformée librement. Elle est devenue moins présente, au profit des analyses physiques de mon nouveau milieu. Maintenant que je suis davantage habituée aux brusques inégalités qui m'ont désorientées au départ, je ressent le besoin de partager. L'art contemporain n'étant pas très développé ici -l'art se compte souvent en peinture ou sculptures de Sandino-, je trouvais difficile d'échanger artistiquement avec mes comparses. En fait, en tant qu'interprétation personnelle, j'ai bien vu que la capacité d'imaginer était en totale relation avec l'histoire du pays et son ouverture. Ici, nous sommes en sol politique. Historique. Rationnel. J'entretiens rarement des conversations philosophiques ou 'surnaturelles' avec les nicaraguayens. Non pas que c'est mauvais. Mais c'est vital, pour moi.
Dans le cadre de la journée internationale sur le racisme qui se déroulera début novembre, j'ai été invitée à créer un petit documentaire. Le racisme est très présent en amérique latine, envers les noirs, les blancs, et les indigènes. Par contre, là ville ou je me trouve actuellement est assée homogène, physiquement parlant. Pour ce faire, j'ai choisi un sujet qui porte à une autre forme de discrimination: l'homosexualité. J'ai déjà parlé de la religion et de la pensée conservatrice omniprésente. Cela se traduit aussi lorsqu'il est question d'orientation sexuelle. J'ai fait une entrevue avec trois gays nicaraguayens qui vivent ouvertement leur homosexualité à Esteli. Ils se sont transformés en travesti devant mes yeux. Ils ont répondu à mes questions. Ce documentaire sera diffusé à Québec le trois novembre, lors d'une projection sur le racisme. Peut-être que cela aidera à faire connaître leur cause et à sensibiliser les québécois sur un sujet dont on ne parle pas beaucoup.

Ci-haut, Arleen avant et après sa transformation. (pardon pour la qualité des photos!)
Puis, je voulais souligner le fait qu'un canadien travaillant pour Oxfam a entamé un concours de photo entre les organisations ici, qui se déroulera dès la fin novembre à la maison de la culture de la ville. Une quinzaine de photos sont au concours, et c'est la première fois que cet événement à lieu. Bravo!
Dans le même ordre d'idées, j'ai rencontré la propriétaire d'un restaurant ce midi afin de débuter des projections cinématographiques mensuellements dans son établissement. Cela permettrait une certaine ouverture sur le monde, certes, mais aussi une façon différente d'aborder la culture et les relations. Comme le seul cinéma d'Esteli a fermé ses portes il y a quelques mois au profit des vidéos illégales, ce serait une nouvelle forme de socialisation et d'apprentissage. Et pourquoi pas de pur divertissement. Et pourquoi pas, aussi, une ouverture pour les jeunes cinéastes nicaraguayens. À suivre...
À Montréal, pour ceux qui s'y trouvent: je vous fait la promotion du spectacle de Rat-Attack (Antipanik et Zikat) ainsi que Pierre Huard au Café Chaos, 2031 rue St-Denis, le 20 novembre prochain à 21h au coût de 5$. À vous de découvrir! www.myspace.com/zikkapanik
Leur affiche:

2 commentaires:
Salut Karine!
Content de te savoir aussi prolifique. Excellent ce projet de cinéma mensuel à Esteli. Ça pourrait être l'occasion d'y présenter des courts et longs métrages, documentaires et/ou fictifs du Nicaragua, du Québec ou d'ailleurs. En passant, comme un voyeur, je lis régulièrement les entrées de ce blog, autant les tiennes que celles des autres...
À plus!
Patrice
Yheaaa Karine! content de voir que tu tient bien chaude ta toute "nouvelle" caméra!! ;o) Faudrait pas lui laisser la chance de prendre l'eau, la moisissure ou les papillons rouges...héhé... À t'entendre tu semble être à mettre sur pied un mouvement de création vidéo , c'est vraiment crazy ca!! Claro que la vidéo peut réellement proposer un positionnement et reflexions sur soi, ses engagements et sa culture par ce quelle propose de démocratique et d'intime.
À ce jour, je ne connais pas encore de disciplines ni plus d'occupations humaines procurant plus et mieux que la pure création, celle qui puisse déposer ce sentiment d'Être et de libération faces aux limites des sens, celle qui offre à s'appartenir complêtement et qui torture à se partager toujours, tout à la fois. Venir offrir à un individu, à une communauté, la chance d'entretenir là une brèche vers cette si fraîche surréalité est si chère...
Héhé, non je ne crois pas que cette initiative simple sois un geste anodin.
Sincèrement, j'attend vraiment avec des petits pas sur place de voir les rushs de ton docu pour lancer sa "réflexion" montréalaise, bien hâte de voir ce que ces deux mondes bien partagés, mais partageant, pourront venir délivrer comme nouveaux points de vues une fois leur mise en parallèle effectuée.
"Enfin de l'art!" et FUCK OFF el resto, saleté... comme elle dit sous le soleil du Nica!...
de ton pot -xx-
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